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Portrait d’Aurélie : Quand Instagram devient sa thérapie

« STOP aux dictats de la beauté. Soyons-nous, tout simplement. »

On le sait, se dévoiler au naturel n’est pas chose facile surtout lorsqu’un complexe nous en empêche. Mais ne serait-ce pas la société qui nous empêche de nous assumer pleinement ? Bien entendu nous avons tous nos petits trucs à nous pour se sentir bien dans sa peau…

Aurélie, diagnostiquée d’une alopécie androgénique depuis plus de 10 ans nous dévoile dans son témoignage, ses astuces pour vivre sa féminité ! Make-up, dressing tendance, solution capillaire… voilà quelques-uns de ses secrets qu’elle a décidé de partager au grand jour sur son profil instagram. Partager son quotidien, se présenter telle qu’elle est, montrer le réel et non le « fake » voilà sa « thérapie » comme elle le dit si bien! Car en parler peut aider à mieux s’accepter…

Qui êtes-vous en quelques mots ? Quel est votre pathologie ?

Je m’appelle Aurélie, j’ai 39 ans, je suis infirmière et maman de deux enfants de 10 et 6 ans. A ce jour, plusieurs médecins m’ont diagnostiqué une alopécie androgénique. Le premier diagnostic a été posé il y a plus de 10 ans.

Pourquoi avez-vous accepté de témoigner ?

Depuis des années je constate que beaucoup de gens sont mal informés voire pas du tout sur la chute de cheveux féminine. En 2019, lorsqu’on parle de perte de cheveux on associe trop souvent cela aux cancers et aux chimiothérapies. Mais il n’y pas que les chimiothérapies qui font perdre les cheveux aux femmes. La preuve en est, l’existence d’alopécie variée, de pelade etc… Régulièrement je suis obligée d’expliquer pourquoi je ne suis pas malade mais que je perds mes cheveux. Je me bats aussi contre les dictats de la beauté qui se trouve autour de nous, trop de publicités, de photos représentants la femme avec de beaux longs cheveux volumineux. La beauté ce n’est pas que les cheveux.

Quelles sont les petites remarques ou attitudes qui vous agacent, vous font sourire ou au contraire vous réconforte ? Comment avez-vous fait pour les dépasser ?

Quand on perd ses cheveux en tant que femme, la bataille est journalière. Dès le saut du lit dans son miroir jusqu’au moment où l’on se brosse les dents dans la salle de bain avant de se mettre au lit. C’est ça le plus difficile.

Les gens sont souvent bienveillants, voire même trop bienveillants. Les paroles se veulent rassurantes « Mais ce n’est pas si terrible en vrai tu sais » ou « tu as juste des cheveux fins »  » ça ne se voit pas tellement ». Ce sont ces paroles qui font mal. Comme si avouer que ce n’est pas si beau, ou affronter la maladie de la personne en fasse de soit était trop difficile. C’est un peu dire le contraire de ce qu’on pense pour ne pas blesser. On va tenter de rassurer cette personne en lui disant qu’elle est belle à sa manière. Cette technique est maladroitement bienveillante. Parfois on aurait juste envie d’entendre que ça ne doit pas être facile à vivre chaque jour. Tout simplement. 

J’ai eu en 10 ans des périodes de dépression passagères. Mes enfants m’ont déjà surpris en train de pleurer dans ma salle de bain. Et puis un jour, j’ai eu envie d’en parler. Et quoi de mieux que les réseaux sociaux et Instagram pour montrer en photo l’alopécie. En décembre 2018 j’ai décidé d’ouvrir un compte Instagram. C’est une vraie thérapie pour moi. Je me montre au naturelle, telle que je suis et tels que mes cheveux sont chaque jour. Je reçois des messages de soutiens, ou d’autres femmes qui vivent la même chose que moi. C’est réconfortant de ne pas se sentir seule. Certaines me disent que je suis courageuse de montrer cela. Et ça c’est ma façon de dépasser les choses et de les vivre plus positivement. 

J’essaye de transmettre du positivisme à toutes les femmes qui souffrent de perte de cheveux.

Vous savez, au-delà de la gravité des cancers, la chimiothérapie une fois terminée vos cheveux repoussent. Dans les cas d’alopécie les guérisons sont extrêmement rares (voire miraculeuse selon moi). Nous, nos cheveux ne repousseront plus. Et on sait que cela va s’aggraver au fil des années.

Par quelles solutions avez-vous eu recours pour cacher votre chute de cheveux ? Au début, jusqu’à ce jour ? Avez-vous suivi des traitements ?

Au début je faisais une raie sur le côté, puis cela n’a plus été efficace. Puis j’ai mis des pinces en coiffant mes cheveux en arrière de façon à recouvrir la base de mon crâne. Je les ai attachés souvent. Puis je les ai coupés de plus en plus court. En décembre dernier j’ai décidé de passer au volumateur, il devra arriver en juin.

Des traitements, j’en ai testé des tonnes et des tonnes. J’ai consulté des dizaines de médecins (de l’endocrinologue, au dermatologue, au gynécologue). On m’a prescrit de l’androcur, du minoxidil 2% puis du 5%, du spironolactone, du metformax. J’ai testé tous les compléments alimentaires qu’on m’a prescrit. De l’ortie, au zinc, au magnésium, au complexes vitaminés de la clinique du cheveu. J’ai testé des poudres, des shampooings aux promesses miraculeuses. Des plus grandes marques aux cosmétiques que je réalisais moi-même. J’ai dépensé des milliers et des milliers d’euros dans des arnaques. Je me suis même surprise à m’appliquer des poches de glace sur le crâne. 

Qu’est ce qui a fonctionné ou pas du tout ?

Androcur avait donné de bons résultats, mais le scandale qui tourne autour de ce médicament a contraint les médecins à ne plus vouloir me le prescrire. Sinon la plupart des choses ont été un échec. Les femmes devraient être mise en garde contre tout cela. Actuellement je suis suivi par un nutrithérapeute de renom en Belgique. Ensemble on tente d’apporter des bons minéraux au peu de cheveux qu’il me reste. On sauve ce qui peut encore l’être.

Je vois une différence dans la texture de mes cheveux. Mais attention c’est infime.

Quels sont vos trucs et astuces pour rester féminine ?

Je me suis réfugiée dans le make-up et la mode. Je suis une accro au make-up et au shopping. J’essaye de prendre soin de moi et Instagram me le rend bien. J’adore poster des photos de moi avec un nouveau vêtement ou un make-up simple. Recevoir parfois un message d’autre instagramer me disant que je suis jolie ça aide beaucoup.

Aujourd’hui quel est votre état d’esprit, comment vivez-vous avec votre pathologie ?

Je ne me considère pas comme malade. Ce n’est pas l’alopécie qui aura raison de moi. Mon moral est souvent en dent de scie mais j’avoue qu’il est plus souvent positif ces derniers temps. J’attends avec impatience mon volumateur. Peut-être me donnera t’il autant de courage que les réseaux sociaux. 

Qu’aimeriez-vous dire aux personnes qui sont dans la même situation que vous ?

Que la beauté ce n’est pas que nos cheveux. Je sais que pour une femme c’est extrêmement important. Mais il faut rester positif. Il existe tant de solutions bis pour nous sentir belle. STOP aux dictats de la beauté. Soyons-nous, tout simplement. Un sourire est bien plus beau que n’importe quelle filles, femmes, modèles aux longs cheveux soyeux.

Nous sommes vivantes, en pleine santé. Et gardons à l’esprit que « Le bonheur, c’est parfois de regarder la vie autrement ».

Découvrez là au travers de son profil Instagram : @alopeciie

Si vous aussi vous ressentez le besoin d’en parler et si vous avez envie d’échanger, n’hésitez pas à nous contacter : info@clic-perruques.fr

2 comments

  1. Bonjour Aurélie
    J’ai l’impression que vous parlez de moi.
    J’ai les mêmes problèmes que vous .j’ai commencé à perdre mes cheveux a l’age de 35 ans.
    J’ ai tout essayé ´schampoing crème tous les breuvages possibles.
    Des piqûres vitaminées dans le crâne..
    Tout marche très bien les cheveux repoussent.
    Bingo ça marche…….
    Des le traitement arrêté pareil tout retombe.
    On m’a accroché des cheveux à mes cheveux avec crochet..pendant des années.
    Mes cervicales ont commencés à crier .
    Maintenant je porte une perruque depuis des années .tout le monde me demande l’adresse de mon coiffeur.
    A la maison je l’enlève
    Quand je suis de sortie je l’attache dans la nuque avec des pinces et sur le front ja la colle ni vu ni connue.
    Je suis très contente quand je me regarde dans le miroir ´
    Maintenant j’ai 78 ans et je m’assume comme je suis
    Courage Aurélie la beauté vient aussi de l’interieur.
    Brigitte

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